études supérieures en marketing digitale

Le marketing digital à l’université : ce que j’en pense

Si vous voulez travailler dans le marketing mais que vous ne savez pas quelle formation et quelle école opter, vous êtes au bon endroit. Je vous livre tous mes retours d’expériences. Je précise que mon avis est assez légitime puisque j’ai fait différentes formations supérieures dans le public :

  • Un DUT (Techniques de commercialisation)
  • Une année de Licence 2e année (Eco-gestion)
  • Une Licence pro (e-commerce et marketing numérique)
  • Un Master à la fac (marketing digital)

Je vais ici employer les mots faculté ou université : je tiens à préciser qu’il s’agit du format Licence, Master. De plus, je parle uniquement des métiers du marketing et marketing digital.

Cursus théorique ou pratique ?

Les cours en licence ne sont pas concrets, ce ne sont pas des choses que toi tu vois dans la vie de tous les jours. Alors non seulement c’est trop théorique mais aussi trop décalé de ta réalité de jeune étudiant. C’est difficile de comprendre quelque chose qu’on n’utilise pas dans la vie de tous les jours, même un minimum. Donc cela rend ce type de formation pas trop passionnant. C’est peut-être pour ça que beaucoup de gens qui ne savent pas quoi faire comme métier après le bac partent en licence.

En fait (et si je ne me trompe pas), historiquement la fac sert à former des cadres. Aujourd’hui, tout le monde peut y aller mais il y a encore 50 ans, je pense qu’il devait y avoir 0% d’enfants d’ouvriers. Et puisque la difficulté des cadres réside dans la prise de décision, le propre de la faculté est alors d’enseigner un maximum de culture sur les différents domaines de la gestion d’entreprise.

Alors que le propre des formations supérieures qu’on retrouve dans les lycées (pour le BTS) ou dans les IUT (comme les BUT et Licence Professionnelles), visent à former des techniciens, des personnes de terrain, des productifs. De base, on ne forme pas ici des cadres ou des grands managers mais des exécutants.

Ces éléments expliquent l’aspect théorique de la faculté et l’autre plus concret et pratico-pratique des IUTs par exemple. Ces modèles restent aujourd’hui les mêmes mais la fac s’est popularisée.

Donc il se pose maintenant un problème : tu ne deviens pas plus manager ou cadre à la sortie de ton master qu’à la sortie de ton BUT ou Licence Pro. A la sortie des deux, tu te retrouve à candidater aux mêmes offres. Et les recrutements en postes de cadre et managers se font avec l’expérience, peu importe que tu vienne d’un BUT ou d’un Master.

La manière d’enseigner ne sera pas pareille, mais pour ton avenir professionnel, il est de moins en moins vrai de prendre la faculté pour avoir plus de chances face aux recruteurs. Je pense même que la faculté te prépare moins bien à tes futures fonctions marketing en entreprise, qu’un BTS, BUT ou LP.

Le marketing appris n’est pas celui pratiqué en entreprise

Il y a surement débat pour savoir : à qui la faute ? Je penche personnellement que l’erreur de mentalité réside dans la mentalité et la vision du marketing en entreprises. En tout cas, je vous fait ici mes constats sur les différences entre l’école et en entreprise, dans la pratique du marketing :

Les lettres de motivation

On nous a tous appris pendant nos études supérieures à faire des lettres. Ils chipotaient sur pleins de trucs pour qu’elle colle vraiment à nous, au poste et qu’elle donne envie de lire et de rencontrer la personne. Mais une fois dans la vie active, on fais des lettres bidons et bâteaux au point que ça en devienne presque la norme. On te ferai presque passer pour un idiot si tu dis que tu as passé des heures à la travailler.

J’inclue les lettres de motivation dans le marketing car l’objectif reste le même : donner envie, en sachant se vendre. Et ce changement résume bien la mentalité souvent constatée : cela ne sert plus à rien d’être motivé (d’ailleurs les candidats ne savent même plus dire en quoi ils le sont), mais il suffit juste de complimenter la boîte en question et de copier sur internet.

L’aspect stratégie

Citons les bons vieux SWOT et PESTEL par exemple qui ne sont jamais utilisés en entreprise. Sauf que ces éléments là concernent les postes marketing tout court, donc le marketing opérationnel et la stratégie. Alors que dans beaucoup d’entreprises, il n’y a personne qui occupe ce poste : on a des profils digitaux, des chefs de projet (des intermédiaires), des chefs de produits, des communiquants et des profils plus techniques.

En fait, les entreprises sont trop dans l’opérationnel et pas assez dans l’analyse et la stratégie. Donc elles font parfois des efforts en vain, dans le vent, et elles perdent du budget. Puis, elles s’étonnent de ne pas avoir assez de résultats.

Les outils

Les écoles ne peuvent pas nous payer des outils donc on fonctionne beaucoup par Excel, sauf qu’on utilise plus Excel en entreprise mais une pléthore d’outils. Et on ne nous prépare pas à ça.

Je sais que dans mon Master on avait des cours de VBA, en gros c’est de la programmation sur Excel. On nous a vraiment appris à faire un site internet sur Excel, sans déconner ! C’est la risée du monde quand tu vois qu’aujourd’hui on utilise même plus de code pour créer des sites, c’est pour dire. On peut avoir un site en 2 heures maintenant.

Les professeurs d’universités et ceux qui font les programmes scolaires n’ont pas travaillés dans le monde de l’entreprise, ce sont vraiment des universitaires. Donc merci aux professeurs vacataires de nous donner des cours 100% utiles, actionnables et concrets.

En entrepreneuriat

Presque tous les ans, j’avais un cours d’entrepreneuriat avec toujours un projet fictif à concevoir avec business plan, plan financier et un business model (entre autres).

Mais il faudrait faire ces choses là aussi en réalité. Pourquoi ? Car quand tu demande à des entrepreneurs ce qu’ils feraient de différents s’ils se lanceraient aujourd’hui, ils diraient souvent qu’ils se sont lancés trop vites, n’importe comment (bien qu’ils ne regretteraient pas). Il leur aurait alors fallu plus de structure, moins de précipitation, plus d’analyse et de préparation. C’est ce que permettent ces outils.

→ Le marketing appris en cours devrait être celui pratiqué car on mettait la stratégie avant tout. Sauf pour les outils, où là on était mal préparé.

La faculté, pas adaptée pour enseigner les métiers du marketing digital

Pour les 3 années de licence à la fac, sache que tu n’as pas besoin d’étudier le fonctionnement des mécanismes monétaires bancaires pour finir dans le marketing. C’est une perte de temps car tu gaspille au moins 2 ans de ta vie pour des trucs inutiles au secteur du marketing.

C’est seulement en 3e année avec le choix d’un parcours que tu vas vraiment voir les bases du marketing. Donc tu verra en L3 Marketing (3e année) quelque chose comme seulement 60-70% du marketing que tu peux voir en DUT 1 (1ere année).

Voilà pourquoi les étudiants à la fac sont plus perdus que d’autre chose quand ils sortent de leurs études supérieures. Surtout quand on choisi le marketing pour son aspect “cool” : ces gens là seront les premiers à vouloir changer de métier.

Je pense donc qu’un métier moderne et qui n’en fini pas de bouger comme le marketing n’est pas adapté à l’enseignement en faculté. Par contre, pour des métiers “ancestraux” comme la comptabilité ou la finance, la faculté est adaptée, là oui.

Surtout quand on sait qu’il faut en moyenne 3 à 5 ans pour faire adopter un changement dans le programme des cours. Voilà surement pourquoi on faisait encore des cours de programmation sur Excel alors qu’il existe des thèmes WordPress et même des outils no-code.

Dans le public, je vous conseille l’IUT les yeux fermés

Si vous voulez rester dans le secteur du public car vous n’avez pas les moyens financiers, je vous recommande chaudement d’aller dans des formations comme BTS, BUT et LP.

Je n’inclue pas dans le débat les écoles payantes et privées comme celles d’ingénieurs ou de commerce. J’ai toujours été dans le public et je ne connais pas bien les spécificités de ces établissements.

Mais je sais que le choix d’une école réside notamment sur les craintes suivantes :

La peur de se fermer des portes devant des recruteurs

Sujet déjà abordé : c’est de moins en moins vrai. Même pour le privée par rapport au public : dans les offres d’emploi ils demandent juste un niveau (bac+3 ou bac+5) mais peu importe le type d’école. Aussi, j’ai été dans un IUT de campagne et cela ne m’a pas fermé des portes.

La peur d’être limité dans la suite de vos études en choisissant une formation courte en 2 ou 3 ans

Ne vous inquiétez pas, une de ces formations ne vous ferme pas des portes, vous pouvez en faire d’autres après. J’ai bien été à la fac après mon DUT, et en Master après ma licence pro (alors que soi-disant on ne doit pas !). Il n’y a pas de limites.

La peur de devoir se débrouiller seul.e et de ne pas être assez aidé.e par les professeurs

C’est vrai qu’à la fac, tu dois te débrouiller seul, ce qui est moins le cas pour les BTS et IUT. C’est peut-être aussi pour ça que certains décrochent en L1 mais on ne pourra pas toujours te tenir par la main. C’est aussi assez représentatif.

La peur de ne pas être accepté

L’enseignement public supérieur peut faire peur car tu as de moins en moins de chances d’être pris. A la sortie du bac, on a plus ou moins tous le même CV donc la différence se fait à la (lettre de) motivation.

J’ai eu des épreuves d’entrée écrites et orales, puis un gros concours comme le Score IAE Message que j’ai dû passer 7 fois le temps d’avoir un bon score. Et pour mon entrée en master, 1/8e des candidats ont été acceptés (donc 12% d’admission). Une chose est sûre : il y a plus de candidatures dans le public que dans le privé alors la différence se fait à la méritocratie. Et c’est ça que j’aime.

Pour conclure, l’école nous apprend à être apte à rentrer dans la vie active. Mais ce temps doit aussi nous permettre de trouver notre place. Je suis d’avis que l’école nous apprend nombre de choses : la logique, la mémoire, la culture générale, etc.

Mais c’est parfois pas évident à remarquer car c’est à nous de faire quelque chose de ce qu’on nous donne. Et cela commence par trouver le type de formation qui sera le plus adapté à soi. Mais évite juste la licence en 3 ans à la fac si tu veux aller dans le marketing et marketing digital.

N’hésite pas à me laisser un commentaire pour me dire ce que tu en as pensé et si cet article a pû t’aider. Et si tu veux suivre mes aventures entrepreneuriales et lire d’autres sujets sur le marketing, tu peux t’abonner à la newsletter mensuelle 😉


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